Cependant, les banques classiques, de par l’inadaptation de leurs modes de fonctionnements et leur manque de proximité restent difficiles d’accès à la majorité de la population. Quant aux offreurs informels de capitaux, ils pratiquent généralement des taux d’usure, préjudiciables aux emprunteurs.
La population sénégalaise a donc trouvé en la microfinance la réponse à ses besoins de financement, en ayant recours de manière de plus en plus marquée aux Systèmes Financiers Décentralisés (SFD). Ces SFD constituent aujourd’hui un instrument privilégié de lutte contre la pauvreté car ils permettent le financement de la petite et micro entreprise et offrent des produits et services financiers adaptés aux populations les plus défavorisées.
Le secteur de la microfinance au Sénégal est aujourd’hui en pleine expansion, comme en témoigne la multiplication des Systèmes Financiers Décentralisés.
Le nombre de SFD recensés par la Cellule AT/CPEC est passé de 37 en 1995 à 844 au 31 décembre 2006. Ainsi, on dénombre à cette date :
De ce grand nombre de structures émergent une dizaine de structures, principalement des réseaux, qui représentent environ 74% du sociétariat, 90% de l’épargne collectée et 86% du crédit distribué.
Les SFD offrent des services et produits financiers à des populations actives à divers niveaux de l’économie nationale.
Certains SFD, ciblent des groupes précis (femmes, retraités et personnes âgées…) indépendamment de toute activité, ou des catégories d’opérateurs liés à un sous secteur déterminé (artisans, pêcheurs artisanaux, commerçants…).
Les activités financées par les SFD couvrent une large gamme, et concernent davantage le secteur informel que celui dit moderne, portant un intérêt particulier aux activités génératrices de revenus des femmes. Parmi les activités financées l’on peu citer : l’embouche bovine et ovine, l’aviculture, les achats d’intrants, l’aménagement agricole, le maraîchage, la pêche, le mareyage, la transformation de poisson, la transformation et la commercialisation de produits agricoles, l’artisanat, le petit commerce, les achats d’équipements, les investissements, d’extension, l’arboriculture, l’achat de vivres pendant la période de soudure, diverses activités de prestations de services, mais également la santé, les fêtes religieuses, les pèlerinages, etc.
Cependant, la répartition géographique de ces SFD sur le territoire national est très déséquilibrée, avec une forte concentration à Dakar et Thiès, et des zones peu couvertes comme Matam, Tambacounda et Ziguinchor .
Cadre réglementaire et institutionnel
Le Cadre Juridique
Compte tenu de la spécificité des SFD, le Sénégal, à l’instar des autres pays de l’UEMOA, leur a conçu un cadre juridique approprié. Ainsi, en novembre 1992, la Cellule d’Assistance Technique aux Caisses Populaires d’Epargne et de Crédit (AT/CPEC) a été créée au sein du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), pour impulser le mouvement mutualiste d’épargne et de crédit au Sénégal et exercer la tutelle du MEF sur les SFD. On a également assisté à l’adoption de la loi 95-03 du 5 janvier 95 visant à assurer la protection des déposants ou épargnants, la sécurité des opérations financières et l’autonomie financière des institutions.
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La réglementation prévoit trois types d’institutions que sont :
Certaines de ces Institutions Mutualistes peuvent se regrouper en réseaux, afin de fédérer leurs ressources et compétences. Les réseaux se démarquent souvent par leur envergure nationale et leur niveau de professionnalisme avéré.
La Politique Nationale de Microfinance
L’Etat sénégalais est actif dans le secteur de la microfinance depuis l’émergence, à la fin des années 80, des premiers Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) avec l’appui des bailleurs de fonds et d’opérateurs techniques internationaux. Le rôle de l’Etat a consisté en la création d’un environnement favorable au développement du secteur par la mise en oeuvre des structures de promotion, d’agrément, de surveillance et de contrôle, et le soutien aux acteurs institutionnels et professionnels.
La volonté du Gouvernement sénégalais de faire de la microfinance un instrument performant de mobilisation des ressources internes et externes et de garantir son articulation à l’économie et aux marchés financiers s’est matérialisée par la création du Ministère des PME, de l’Entreprenariat Féminin et de la Microfinance, devenu depuis 2007 Ministère de la Famille, de l’Entreprenariat Féminin et de la Microfinance. Ce ministère assure, conjointement avec celui de l’Economie et des Finances, l’encadrement du secteur de la microfinance. Il a en charge la promotion et le développement de ce secteur.
L’une des grandes réalisations de ce nouveau ministère est l’élaboration, avec la collaboration des partenaires au développement, d’une Lettre de Politique Sectorielle de Microfinance, d’une stratégie et d’un plan d’action quinquennal (2005-2010).
Auparavant, le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) adopté en 2003 par le Gouvernement du Sénégal avait fixé, pour le volet microfinance, les orientations suivantes :